Treks et voyages

 
 
 
Je ne propose pas de topos détaillés sur le Népal vu que le Lonely Planet spécial trekking, le fait a merveille. De plus, comme je n'ai fais presque que des treks classiques, les informations abondent sur le net. Je donnnerai donc juste mon opinion sur les différents trek que j'ai parcourus.
 
 
 
 


La région des Annapurna

 
Le tour des Annapurna
Beaucoup disent qu'il s'agit du plus beau trek du monde... et bein pas moi. J'ai été extrèmement déçu par de nombreux aspects :
- La route carrossable va très loin dans la vallée. Même si le nouveau chemin passe par moment de l'autre côté, on voit tout le temps cette route et ça coupe les jamps.
- Les montagnes : honnêtement, on a plus beau dans les Alpes... vraiment plus beau.
- Les villages traditionnelles ? Pas du tout, que des guest house, rien de vraiment local.
- Les Népalais ? Un acceuil uniquement commercial, on est pris pour des vaches à lait. Le moins bonne acceuil de tout mon voyage en Asie.
- Les prix déraisonables... amené par 4x4 et facturé comme sur le tour de l'Everest.
- La nouriture occidentale (pizza et pâtes) et en plus mal cuisiné. Hormis le dahl bat, rien de local.
- L'abominable section Jomsom-Tatopani, en grande partie sur la route poussièreuse et ballayé par le vent. Possible de la parcourir en bus... 3x plus cher que pour les népalais.
- 40 USD de permis à payer qui part dans les poches des hauts focntionnaires au lieu d'aider les vallées qui ne bénéficient pas des revenus du tourisme. À payer une deuxième fois si vous sortez du Parc National avant d'aller au sancturaire des Annapurna.
- On paye pour la préservation de la nature et le gouvernement népalais laisse construire une usine par les chinois sur le début du trek. Les villageois quand à eux jettent encore beaucoup dans les rivières.
- Beaucoup de monde, mais ça je m'en doutait.
 
Bref, je n'ai pas aimé ce trek : je savais que l'augmentation massive du tourisme et la route avait bien détruit le charme du trek, mais j'espérais voir des paysages superbes... ça n'a même pas été le cas. 
 
  
  
 
 
 
   
 
... et le détour par le Tilicho Lake
À faire absolument : un magnifique lacs avec un glacier se jettant dedans, des superbes montagnes l'entourant. Des chutes de séracs fréquentes. Loin de tout (même pas de route cette fois !)... c'est le seul endroit que j'ai réelement trouvé exceptionnelement beau dans ce tour des Annapurna.

 
 
 
  
 
 
 
Les balcons des Annapurna et le sanctuaire
À peine mieux que le tour des Annapurnas. Paysage un peu plus beau d'accord. On dirait presque les Alpes... Un monde de fou comme c'est en aller-retour, la sensation de monde est très pénible. Que du faux aussi et les locaux toujours aussi peu sympa. Après l'acceuil des arméniens et des iraniens, les magnifiques montagnes géorgiennes, je me suis demandé ce que je faisais là; à part engraisser un gouvernement corrompu. Aie aie, encore une fois : on a tellement plus beau dans les Alpes ! D'accord, culturellement c'est différent mais vu que tout est faux et commercial ici... laissons tomber la partie culturelle.
 
 

  

  

 



 

Le Khumbu 

Jiri-Lukla
Pour ceux qui auraient vu des photos... franchement, vous trouvez ça beau ? Bon, ça m'a fais économiser 165 USD d'avion, c'est toujours ça. Puis c'était vite avalé et les montées/descentes perment de s'acclimater.
 
 
  
 
 
Le camp de base de l'Everest par les trois cols
Alors là, c'est autre chose ! Toujours des villages composé uniquement de lodge pour nous les touristes certes. Toujours un acceuil commercial et pas sincière... mais au moins : c'est MAGNIFIQUE ! Une autre dimension que dans les Alpes ou le Caucase : plus grand, plus impressionannt, plus de glaciers, plus de montagnes aux formes incroyables... oui, le Khumbu est plus d'un cran au-dessus des autres. À mon avis, dans le monde entier, seul le Karakoram pakistanais peut rivaliser. L'itinéraire par les trois cols ajoute beaucoup et permet des points de vue à couper le souffle.
 
 
 
  
 
 
 
 
 
  
 
  
 
 
 
 
  
 
 
 
 
 
  
 
 
 
 
 
Lukla-Tulmingtar 
Pas de paysages de montagnes enneigés cette fois, mais de superbes villages et des cultures en terrasse. Très beau, bien plus que le trek Jiri-Lukla. Des vrais villages ! Des gens plus sympa malgré leur mauvaise connaissance de l'anglais. Ce trek assez éprouvant avec les nombreuses montées et descentes. Une bonne voie pour sortie du Khumbu, et en le combinant avec le trek de l'Everest, cela donne une randonnée très varié. Je recommande vivement.
 
  
 
    
 
  
  


La traversée des Alpes Lyngen à ski de randonnée

 

Présentation du voyage :

Pour cette partie, nous allons simplement nous servir de l'article paru dans le Versoix Région  :

Etudiants en géographie à l’Université de Genève, nous partons, en cette fin du mois d’avril, pour une expédition à ski de randonnée aux confins de l’Europe: nous traversons les Alpes Lyngen en autonomie ! Cette péninsule escarpée, de 100 kilomètres de long, avec des sommets culminants à près de 2000 mètres, s’étend dans la mer de Norvège à 70° Nord. Cette traversée d’une vingtaine de jours est un véritable défi et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous évoluerons en quasi autonomie; ce qui implique des sacs lourds, près de 25kg, pour porter notre matériel (tente, réchaud, habits, nourriture etc.).  

Effectivement, ce massif nous oblige à évoluer en autonomie puisque seuls de rares villages de pêcheurs sont accrochés aux flancs des montagnes sur les côtes. L’intérieur est, quant à lui, vide de toute présence humaine. De plus, le relief alpin nous contraint à affronter des dénivelés conséquents et parcourir d’importantes distances. Nous devrons donc être en excellente condition physique pour réussir ce défi sportif. Pour finir, le froid risque d’être un de nos pires ennemis puisque nous camperons dans la neige en pleine nature, entourés de sommets enneigés. Nous pouvons nous attendre à combattre des températures inférieures à -10°C pendant la nuit ! Une des raisons du choix de cette destination est l’alliance mer-montagne. En effet, la Norvège est connue pour ses innombrables fjords qui dessinent le contour de ses côtes et skier face à la mer, avec les fjords à nos pieds, sera sans doute un souvenir inoubliable. En outre, notre espoir d’observer des aurores boréales lors des courtes heures de nuit, depuis notre tente, renforce encore plus notre motivation.

 


Qui sommes-nous ? 

Julien Vogler (22 ans)

Entraineur/Moniteur de ski alpin et de ski de randonnée.  Depuis tout petit, je suis passionné par le ski et la montagne. J’ai pratiqué tout types de skis : de la compétition où je suis descendu jusqu’à 75 points Swiss Ski, le ski de pente raide, le ski de randonnée et le travail d'entraineur.

Comme vous l'avez peut-être vu sur ce blog, j’ai une bonne expérience du trekking en été : j’ai réalisé plusieurs treks en autonomie, et sans guide, au Ladakh (dont l’ascension du Stok Kangri - 6153m), en Scandinavie et dans les Alpes, certains de plus d’une semaine. Et je ne vais pas m’arrêter là dans mes treks !

Bastien Quiquerez (23 ans)
A commencer le ski... l'année passé, et moniteur de ski de randonnée

Je suis un adepte de sports de glisse, j’ai notamment pratique notamment le ski évidement mais aussi le snowboard, le surf, le wake board, le kite surf et la plante à voile. Autant dire que la poudreuse m’a toujours attiré. Les sports d’endurance, qui implique un dépassement physique et mental de soi, me sont cher. Voilà pourquoi le ski de randonnée est en passe de devenir mon sport favori : il allie le plaisir de la glisse à l’effort.

 

Notre préparation :

- Plusieurs nuits passées sous tente, dans nos montagnes, par -5 à -10°C pour tester notre matériel et notre résistance au froid.

- Suivre et réussir la formation J+S de moniteur de ski de randonnée.

- Entraînement à la recheche avec DVA

- Effectuer un maximum de rando à ski :

Julien : 26'800m de montée en peaux en 26 sorties + 42 journées de ski de piste et 14 d'enseignement. Soit 82 jours sur les skis pour cette saison 2013/2014, avant le début du voyage. Voir la liste de course détaillée  et profil sur Camp to Camp

Bastien : 20'000m de montée en peaux en 15 sorties + 20 journées de ski de piste et 5 d'enseignement. Soit 40 jours sur les skis pour cette saison 2013/2014, avant le début du voyage. Voir la liste de course détaillée et profil sur Camp to Camp .

- Bien se documenter sur la région : étudier la carte, géoréférencer un grand nombre de sommets sur le GPS, lire les topos sur Camp to Camp, chercher des informations sur le net, regarder guide papier "Ski touring in Trøms" et les précieux renseignements de Nicolas.

 

Equipement :

En plus du matériel classique pour le ski de rando, nous avons :

- Une tente 4 saisons : Vaude Power Odyssee 2P

- Sac de couchage confort -5/-10°C

- Un GPS, une bousolle et la carte des Alpes Lyngen au 1:50'000

- DVA, pelle, sonde

- Couteau (mais pas de piolet, crampons etc.)

... Deux assistants, Fanny et Fabian pour nous envoyer la météo et le bulletin avalanche tous les jours

 

Budget : 

Faible, à part les billets d'avion, il n'y a quasiment pas de dépenses pour ce type de voyage. Tout le détail ici .

 

Forme de rédaction et mise en garde :

Si vous êtes des habitués de mon blog, vous avez certainement dû être un peu étonné du format de cette page. Effectivement, j'ai l'habitude de ne pas trop parler de moi et de mes voyages. Le récit de voyage, pourtant un choix fait par la majorité des bloggueurs, n'est pas la forme de rédaction que je trouve le plus intéressant. Je préfère axer mes articles sur des informations pratiques : descriptions d'itinéraires, topos, informations pratiques, conseils, données GPS, photos, etc. Hormis cette page, ce site fonctionne plutôt comme un modeste guide de voyage destiné à aider les futurs randonneurs. Pourtant, ici, j'ai changé exceptionellement de format en proposant un court récit de voyage. Comme il s'agit d'une aventure, il faut savoir que cette traversée n'est pas une expérience que tout le monde peut entreprendre. Ce n'est pas un exploit que nous accomplissons, mais pour s'y lancer, nous devions être sur de bien connaître ce sport, de savoir évaluer le danger d'avalanche, de préparer son projet convenablement, de maîtriser les appareils d'orientations (indispensable quand on se fait surprendre par le mauvais temps et qu'on y voit plus rien du tout), d'être conscient des risques d'été et surtout d'hiver en montagne, d'être bien équipés, d'être en bonne condition physique etc. Ce n'est donc pas comme les treks d'été que j'ai décrit, il y a un caractère bien plus avantureux et dangereux à ce voyage. Bref, c'est mon premier voyage de ce type, et il n'a rien à voir avec les autres treks que je décris sur ce blog; par conséquent, je ne peux pas vous le présenter de la même maniètre.

 

Météo : 

On la trouve sur le site www.yr.no. Fabian nous l'envoyait tous les jours par SMS avec le bulletin d'avalanche. Merci encore à lui pour son aide. Que dire de la précision de ses prévisions ? Certes, vu les changements rapides, cela ne doit pas être évident... mais d'être à ce point mauvais... très rarement juste, même pour le lendemain. Encore plus qu'ailleurs en Norvège, le temps change à une vitesse allucinante : il fait faire attention à ça. Nous avons vu ce que c'est d'être pris dans une tempête : en l'absence d'un seul des appareils d'orientation (carte, GPS et bousolle), nous n'aurious ni pu revenir en arrière (les traces étaient immédiatement effacées par le vent) ni encore moins trouver le col de sortie. Nous avions une tente qui résiste au vent, de la nouriture, du gaz pour faire fondre de la neige et des habits chauds, nous avions de quoi attendre que le temps change. Nous n'avons donc pas eu peur, mais sans ça... nous nous serions fait très peur !

Le temps que nous avons eut ? Un jour sur seize sans précipitation... cela répond à votre question ? Bref, nous detaillerons jour par jour dans la partie "récit", mais nous n'avins pas vu beaucoup le soleil. Assez doux : tant mieux pour la nuit plus agréable, tant pus pour la neige souvent lourde. Pas mal de vent également. Presque toujours meilleur le soir que le matin, peut-être un simple hasard. 

 

Bulletin avalanche :

Sur le site www.varsom.no . C'est un des dangers, si ce n'est même LE danger principal. Nous avons eu des conditions favorables : 12 jours à risque 2 et 2 à risque 3. Avec un risque plus élevé, notre itinéraire n'aurait pas été faisable. Certaines vallées, comme par exemple celle entre Furuflaten et Lakselvbukt passe obligatoirement sous de grandes pentes raides. C'est la grosse différence avec le trek estivale : un sacré danger en plus. 

 

Les cabanes : 

Un moyen plus classique, moins rude et sûrement plus intéressant pour le ski, pour découvrir les Lyngen : les cabanes ! Camp de base pour rayonner en étoile, elles restent bon marché mais il y a de grandes différences de prix entre elles. On payera 50 Nok pour le grand confort de la Fastdalshytta, pareil à Skigytta mais sans confort (même pas de matelas), 100 à Trollhytta et 300 dans celle de la DNT à Jaegerhytta (150 pour les membres). On y trouve souvent de gaz ou au moins du bois. Les cabanes ouvertrs sont... ouvertes, bien qu'il soit souhaitable de prévenir le propriétaire. On paye souvent dans une boite, ça marche à la confiance. Bref, toutes ont un mode de fonctionnement un peu différent. Se renseigner avant si votre question est importante. Par exemple, sans réserver à Trollhytta, on ne pourra pas avoir accès au local à bois pour se chauffer. Celle de la DNT est fermée : innacessible sans la clé et même chose pour la privée au-dessus de Furuflaten. On ne peut pas tellement vous renseigner plus vu que nous n'avons dormi que dans celle de Skihytta et celle exceptionelle et au prix symbolique de Fastdalshytta.

 

Le ravitaillemement : 

Plusieurs magasins allimentaires, mais seuls ceux de la partie Sud sont intéressants pour se ravitailler dans le cas d'une traversée. Nous avons donc passé la première moitié (Nord) en autonmie complète. Malgré qu'il s'agisse de marques de supermarchés courrantes (Coop et Joker), les prix sont un peu plus élevés que dans ses derniers. Les horaires se trouvent sur internet mais à part pour les deux grands de Lyngseidet, c'est souvent 9-17h du lundi au vendredi, jusqu'à 15h le samedi et fermer le dimanche. La station service "Best" à Lyngseidet vendait des bouteilles de gaz Primus et la cartes des Alpes Lyngen lors de notre passage. A Pâques, les magasins ferment le jeudi, vendredi, dimanche et lundi, parfois les horaires du samedi sont réduits. Les stations services sont ouvertes mais pas de quoi faire des courses à Kyngseidet : juste pour ne pas mourir de faim et pleurer sur sa facture.

Dans la moitié Sud : Nordlenangen/Hamnes et Lenangsøyra

Dans la moitié Nord : Lyngseidet (deux grands), Furuflaten, Oteren, Lakselvbukt et Nordksjosbotn (deux grands + deux stations services)

  

Les photos : En plus de la cinquantaine de photos ci-dessous que nous avons choisi pour illustrer le récit, nous vous proposons un album avec une SELECTION DE 100 PHOTOS

 

Notre itinéraire, résumé des étapes et météo :

224km et 10'500m de dénivellé pour rallier Russelv à Nordksjosbotn en y incluant quelques ascensions de sommets : 

  

Télécharger l'itinéraire ICI 

 

 

 

Le récit du voyage :

11 avril : Ça y est, c'est le départ pour ce voyage tant attendu ! Après une nuit passé à l'aéroport de Zurich, nous embarquons pour Tromsø via Oslo. L'arrivée à Tromsø se fait sous la pluie. Les prévisions pour la suite ne sont guère plus optimistes. Nous achetons deux bouteilles de gaz et prenons le bus pour Russelv à 16h. Après une traversée en ferry et deux changements, le bus nous pose à 18h30 à Russelv. La pluie a cessé. Quel beau lieu de départ : des airs de bout du monde. Nous bivouaquons après un petit kilomètre abrité du vent violent par un immense rocher. Superbe spot de lumière sur le fjord. La neige n'est pas très abondante; un peu inquiets pour le ski jusqu'à la mer. 

 

  

12 avril : Nous quittons notre rocher pour monter un pierrier raide jusqu'à un col. Ce sera notre point le plus au Nord où nous irons; les dernières centaines de mètres étant sans neige, ils ne sont pas intéressants pour nous. Les sacs sont vraiment très lourds : 24 kilos plus les skis et les chaussures sous nos pieds. Le portage est plus lourd que pour un trek estival : plus d'habits chauds, tente plus technique, pelle/sonde/ARVA, plus de gaz pour faire fondre la neige etc. Nous avons emporté huit jours de nourriture puisque nous avons l'obligation d'être autonomes jusqu'à Lyngseidet, le milieu de la presqu'île. Nous contournons le Russelvfjellet qui offre une vue magnifique malgré le temps gris et les nuages bas. On fini par ne plus savoir ce qui est terre, île ou presqu'île. Soudain, le beau temps arrive d'un coup. Le sommet est dégagé et grosse surprise : il y a au moins vingt personnes qui y montent. Le mythe des "Lyngen/seul au monde " s'ébranle. Nous passons un col à 500m avant de couper à flanc de coteaux des pentes raides. A nouveau : plein de monde, pour le Storgalten cette fois ! Le mythe s'écroule alors totalement. Nous plantons notre tente sur une butte; les eaux du gjords sintillant 400m plus bas. 17h ! Il est encore temps de gravir un sommet avec des sacs légers cette fois. Nous optons pour le Lillegalten. Qu'est ce que l'on avance quand on est plus léger ! Une superbe vue nous attend au sommet : un pic rappelant le majestueux Ama Dablam himalayen, avec la mer tout autour de soi. Une belle soirée à contempler le paysage depuis notre tente pour terminer cette convaincante première journée.

  

  

 

 

 

                                

 

 

13 avril : Nous nous réveillons sous la neige, mais le message de Fabian, chargé de nous envoyer chaque soir les prévisions et le bulletin avalanche par SMS, nous donne espoir. Nous descendons en bas du fjord et empruntons un pont à pied. Le bout du fjord gelé ne nous inspire pas confiance. Nous suivons un moment une piste de ski-doo. Le soleil fait son apparition et le ciel bleu apparaît peu à peu. De nouvelles montagnes plaquées de neige, comme on m'en voit pas dans nos Alpes, nous entourent. Nous montons en t-shirt dans un forêt de bouleaux. Plus loin, nous tombons sur le terrain de jeu des ski-doo : des traces partout, le sentiment de pleine nature en prend un nouveau coup. Nous installons notre tente au sommet du Rundfjellet. Il fait maintenant grand beau. Quel spot pour planter sa tente : c'est joli de partout. Je profite jusqu'à tard de cette soirée que je rêvais de vivre depuis si longtemps. Le soleil prend un temps fou pour se coucher, laissant un paysage aux couleurs féeriques. Que de bonheur !

 

 

 

   

 

 

14 avril : Le temps a complètement changé : un épais nuage nous empêche de voir quoi que ce soit. Nous descendons presque à l'aveugle. Expérience difficile avec des sacs lourds et des chaussures de randos, mais heureusement, la neige est facile à skier. Nous remplissons nos bouteilles dans une rivière. Nous ne pensions pas que l'eau coulerait, permettant ainsi des économies de gaz non négligeables. S'en suit une longue galère pas très aventureuse : six kilomètres le long de la route à avancer ski au pied à moins d'un mètre de la route goudronnée. Ensuite, nous traversons une grande pleine. Nous sommes instantanément plus motivé. Puis, nous avançons sur un grand lac gelé. Nous ne sommes pas très rassurés au début, mais nous voyons qu'un ski-foo fait de même. Nous posons la tente devant la cabane fermée, tenu par la DNT. Son occupant arrive : nous profitons d'y entrer pour faire sécher mes peaux qui ne collent plus du tout aux skis. Nous ressortons dormir au froid dans notre tente. Une journée pas très agréable s'achève.

 

15 avril : C'est par un vent violent que nous avançons sur le lac gelé: la neige volant de partout ! Le vent de dos, nous avançons vite. Nous faisons un petit détour pour laisser passer la tempête en se mettant à l'abri dans la cabane glaciale de Trollhytta. Le temps se decouvre; il va faire beau. A 16h, nous partons nous engagé dans la grande vallée d'Est en Ouest. Une ambiance d'infinie, fantastique. Le soleil derrière nous, les montagnes abruptes nous encerclant et le profil du col au loin : seuls au monde... pour une fois ! Les séracs d'un glacier nous invitent à une petite halte au col, malgré l'heure tardive. Nous nous laissons glisser jusqu'au bas de la vallée où nous plantons notre tente vers 22h. Une longue journée : rude au début mais largement compensée par l'atmosphère de cette vallée sauvage.

 

 

 

 

16 avril : A notre grande surprise, c'est sur un pont de neige par dessus une rivière que nous avons campé. Nous parcourons les deux kilomètres qui nous séparent de Fastdalshytta. Le temps change vite : le vent se lève et la visibilité baisse. Nous tentons quand même l'ascension du Fastdaltinden en se délestant des gros sacs, mais nous sommes contraints d'abandonner rapidement. Un après-midi de repos dans cette confortable cabane nous attend.

 

17 avril : Nous reprenons notre traversée. Il ne nous reste plus de nourriture et les magasins seront fermés demain (vendredi de Pâques), il nous faut donc atteindre Lyngseidet. Nous rencontrons beaucoup de monde montant par ce temps très mitigé au Fastdaltinden. Quel contraste avec la traversée isolée de la vallée de l'avant-veille. Le ciel commence à se dégager et le soleil pointe le bout de son nez pour éclairer le magnifique fjord qui coupe la péninsule en deux. Une mauvaise surprise nous attend à Lyngseidet : les magasins ferment eux aussi le jeudi avant Pâques. Nous achetons deux ou trois aliments à prix d'or à la station service. Nous sommes contraints de changer nos plans. Nous décidons de rester jusqu'à samedi matin en attendant l'ouverture du supermarché. Ce n'est pas si mal, il fait un beau temps norvégien (comprendre : beaucoup de nuages et quelques rares rayons de soleil), nous pourrons donc en profiter pour skier un peu en gravissant des sommets sans sacs. Nous montons dans les forêts de bouleaux et établissons le camp sur une butte avec une vue dégagée sur la mer. Tout de suite après, nous partons à l'assaut du Rønestinden (1041m). La montée sans les gros sacs est très facile. La vue au sommet est splendide avec le fjord étriqué au Sud et la mer à l'Est. La descente dans une pente intéressante avec de l'excellante neige est un pur bonheur.

 

 

 

 

18 avril : Nous montons déposer nos sacs à Skihytta et partons gravir le fameux Kavringtinden (1289m). Sa forme volcanique est ses pentes assez raides le rendent très populaire; nous ne sommes pas vraiment seuls aujourd'hui encore. Un nuage accroché au sommet gâche un peu la course. Nous descendons une fois encore dans la neige poudreuse. Nous enchaînons en refaisant le sommet de la veille pour le bon ski qu'il propose. Ensuite, nous dormons bien au chaud dans la petite cabane.

 

 

 

19 avril : A 9h, nous nous pointons devant la porte du Coop. Affamés, nous prenons un copieux petit déjeuner. Nous l'attendions depuis un moment ! Nous remontons à la cabane avec notre réserve de vivres pour cinq jours d'autonomie. Nos sacs sont à nouveau très lourds. Il pleuvine dehors quand, vers midi, nous partons pour ce qui s'avèra être une des journées les plus éprouvantes de notre vie. Bien que la météo annonce une amélioration pour l'après-midi, il va s'avérer en être tout autrement. Nous montons un moment avant d'arriver sur un plateau où un vent chargé de pluie nous acceuille. Nous descendons dans une vallée, en-bas une pente courte mais raide (45 degrés) nous attend. Dans cette neige lourde et avec les gros sacs, ce n'est pas évident. Bastien tombe : la neige humide et la pluie trempe ses vêtements et ses gants. Nous remontons péniblement de l'autre côté. La neige colle de plus en plus sous nos peaux, nous avançons comme nous le pouvons. Les sabots sous nos skis rendent l'avancée insupportable puisqu'ils nous obligent à soulever le ski à chaque pas : un gros effort en plus, d'autant que ce sabot allourdit énormément le ski. Soudain, les nuages descendent et nous nous retrouvons pris dedans. J'essaie de tirer plein Sud. La pluie s'est transformée en neige et la puissance du vent donne une affreuse sensation de froid. Puis, nous nous retrouvons face à de grosses falaises. J'ai perdu le cap et nous sommes perdus. Un point GPS nous donnent nos coordonnés. Nous tirons quatre azimutes que nous reportons sur le GPS. Les points sont éloignés de 500 à 800m. Après cette manoeuvre, nos doigts sont gelés. Bastien sort sa bousolle et je me met devant pour qu'il surveille le cap que je prend. Nous montons, descendons, tombant sans y voir à plus de dix mètres. Tout est blanc, nous ne distinguons rien du relief. Difficile de descendre avec les peaux sous les skis, le gros sac et en tenant les appareils d'orientation. Nous procédons comne ça jusqu'au troisième point. Bastien casse la calle de son ski en tombant. Une trouée dans le brouillard nous laisse quelques secondes pour repérer le col à 900m qui nous permettra de quitter ce haut plateau. Arrivés là-haut, nous enlevons les peaux et réglons les skis en mode descente. Le vent est encore plus fort, nous ne commandons plus nos doigts. Nous descendons dans une neige infame : du carton gelé. Les chutes sont nombreuses. En descendant, la visibilité commence petit à petit à devenir acceptable. Nous descendons dans une gorge avec la peur de tomber sur un ressaut de la rivière infranchissable. Nous devons déchausser deux fois pour contourner des cascades. Il n'y a pas d'échappatoire, en cas de falaise, nous devrons presque tout remonter. Soudain, nous apercevons enfin le fin de la vallée. Je m'enfonce dans de la neige lourde. Il me faut la pelle pour me dégager. Arrivés en bas, nous posons érintés notre tente. Bastien est transi par le froid. Il me reste encore un peu de courage pour m'occuper du camp. A 22h, nous terminons enfin cette journée terrible.

 



 

20 avril : Nous nous réveillons sous la neige : 10e jour aux Lyngen et toujours pas un sans précipitation. Usés par la journée éprouvante de la veille, nous partons péniblement. Nous gagnons l'entrée de la vallée avec un détour causé par un mauvais choix d'itinéraire. Comme hier, la neige colle sous les peaux; ces sabots obligent à soulever le ski à chaque pas : un gros effort en plus, d'autant que ce sabot allourdit énormément le ski. Une fois dans la vallée, un sentiment d'infini nous envahi. Cette plaine toute plate, entourée de pentes raides... magique ! Heureusement que le risque d'avalanche est faible car la vallée est très exposée aux avalanches. Au col, nous nous croyons sur une autre planète : glaciers et beaux séracs, lacs gelés, pics accérés et ses fameux sommets plaqués de neige comme nous n'en avons jamais vu dans les Alpes. Nous descendons à flanc de coteaux pour éviter de pousser, de toute façon la neige est trop gelée pour être agréable à skier. Tout à coup, la mer apparaît. Au premier plan, d'énormes rochers. Le ciel devient de plus en plus bleu : sublime ! Toutes les difficultés de la veille s'oublient. Nous campons entourés de ce décor de rêve à 360 degrés : glaciers, séracs, fjords, montagnes himalayennes et crètes rocheuses aux formes étranges... Il fait un froid glacial et le vent ne contribue pas à améliorer la sensation. Que c'est beau la Norvège lors de ses rares monents de beau temps ! Ces deux jours étaient rudes physiquement : on se lève, on se change, on enlève la tente, on fait nos sacs, on marche toute la journée sans grande pause, on plante la tente, on l'ancre comme on peut, on se fait à manger puis on se couche... on est épuisés et dormons 10 à 12h chaque nuit. Comparé à mes treks estivaux, il fait trop froid (et trop mauvais) pour passer la fin de la journée à se reposer en contemplant le paysage depuis le camp... cette absence de moments de pauses, obligeant aux longues journées de marche, est vraiment une difficulté physique supplémentaire.

  

 

 

 

21 avril : Le temps a évidemment changé ce matin : très nuageux. Nous descendons dans la vallée avant de remonter par une pente raide pour passer une épaule. Il pleuvine. La vue au sommet est belle, mais le ciel gris ne rend pas très photogénique ce fjord. Nous amorçons la descente sur Lakselvbukt. La mauvaise neige et la densité élevée de la forêt de bouleaux rend le ski assez technique, sans oublier le petit passage raide (45°) imprévu. A 14h, nous nous posons sur le perron de la Coop fermée. La pluie devenue soutenue ne nous motive pas à avancer. Le temps file alors que nous ne faisons rien. Nous bravons notre courage pour monter cent mètres plus haut pour planter notre tente.  

 

  

 

 

22 avril : La pluie a laissé place à de gros flocons. Nous faisons nos provisions pour trois petits jours d'autonomie. La route enneigée nous permet d'avancer ski au pied, sans peau mais en mode "walk". Nous avançons vite. Heureusement, nous croisons très peu de voitures. Malgré l'absence de "wilderness", il y a une atmosphère sympa, avec le cri des mouettes et la mer à côté. Ce n'est pas déprimant comme nos six kilomètres passés sur la route sur la partie Nord. Ensuite, nous montons dans une neige fraîche mais lourde dans une forêt. La neige cesse enfin et laisse apparaître la forme du soleil. Le vent prend le relais. Nous passons un plateau. En montant ces quatre cents mètres, nous sommes passés dans les nuages. La visiblité est quasimenet inéxistante. Le vent de plus en plus soutenu. Nous campons dans une grande pleine, prêt d'un bosquet d'arbre. La neige fait son retour. 

 

23 avril : Une toute petite montée nous attend sous un ciel toujours aussi triste et un vent soutenu. La descente se révèle compliquée : nous devons passer d'un côté à l'autre de la rivière par des ponts de neiges. Nous devons remettre les peaux pour sortir d'une gorge. La fin est raide et une falaise de quize mètres nous barrer le passage. Nous descendons à pied, en se passant les sacs et skis à la chaîne. C'est presque de la grimpe. Sur la fin, nous ne passons plus de cette matière. Nous lançons donc nos sacs en bas de la parroie. Nous finissons par réussir à descendre. Nous nous retournons : cent mètres plus loin, il y avait un passage bien plus évident. Nous marchons trois kilomètres le long de la route, ski au pied sur un restant de neige. Nous prenons un bon pic-nic à la Coop d'Oteren, se chargeons de deux jours de nourriture. Les sacs ne sont donc pas si lourds que ça quand nous reprenons la route pour attaquer la dernière heure d'effort de la journée.

 

 

24 avril : Nous montons au sommet du Lille Rastinden : le vent nous empêche presque de nous tenir de bout. La vue au sommet n'est pas exceptionnelle : l'absence de vue sur le fjord rend le paysage un peu banal. Par contre, les deux sommets qui se dressent à l'Ouest sont splendides. Les trouées de ciel bleu, dans ce ciel où les nuages passent à toute vitesse, font de cette matinée, la moins pire que nous avons connue. En effet, au cours de la journée, le temps s'améliorait souvent. Nous passons sous ce sommet avec ses aires de Cervin et avançons jusqu'au Storvatn. Nous y laissons nos sacs et partons à la conquête dudeuxième sommet de la journée : le Perstinden. Après une montée facile, le Graal nous attend : une fin mémorable. La lumière y est magique. Le ciel est dégagé au-dessus du fjord. Le paradis ! Nous voilà au point le plus au Sud de notre traversée. Notons qu'il s'agit de la première journée sans précipitations depuis notre arrivée en Norvège.

         

 

 

25 avril : La descente sur Nordksjosbotn est facile malgré la piètre qualité de la neige. Il est 10h quand nous arrivons à destination : nous avons réalisé notre obectif : la traversée des Alpes Lyngen ! 

 

 

Epilogue : Epuisés, nous passons l'après-midi et le samedi à nous reposer à Tromsø. Nous campons la première nuit dans la forêts de Tromsdalen et la deuxième devant l'aéroport sous une pluie battante... on n'est plus à ça près ! Une superbe aventure, rêvée et préparée depuis longtemps s'achève. Malgré les moments difficiles, nous avons apprécié cette aventure : les moments de beau temps étaient si extraordinaires que l'on ne peut qu'oublier nos galères. Vu la météo, nous n'aurions pas pu faire plus de sommets : les cimes étaient toujours dans les nuages les jours où nous avons décidé de ne pas en faire. Nous avions un peu peur de regretter d'avoir choisi cette façon de découvrir les Lyngen : nous aurions pu être frustrés d'être forcer d'avancer souvent dans les fonds de vallées... mais vu le temps, nous aurions de toute façon du faire ça. Même si nous n'avions pas eut l'objectif de traverser la péninsule mais plutôt celui de rester autour d'une cabane pour plus skier, nous n'aurions pas pû faire beaucoup plus de sommets.

 





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